L'avenir est-il une page blanche ?
Peut-on dire que l'avenir est une page blanche ? En d'autres termes, l'avenir est-il totalement indéterminé et donc à inventer ? Cette définition de l'avenir se baserait alors uniquement sur la contingence et le hasard. On parle communément de destin ou encore de prévision au sujet de l'avenir sans pour autant prendre la mesure de ces propos. Cette interrogation suggère donc de faire la part des choses entre une opinion commune désirant profondément une connaissance possible de l'avenir et ce qui est acceptable pour la raison. En effet, dans son essence même l'avenir est une dimension générale et indéterminée vers laquelle le présent se dirige en permanence, il est donc fondé sur l'inconnu. Par ailleurs une part non-négligeable de notre existence repose sur un rapport positif avec l'avenir, d'où le désir de connaissance de celui-ci. Or peut-on véritablement accéder à une connaissance de l'avenir ? Plus précisément, l'avenir doit-il être pensé en termes de hasard ou de nécessité ?
On parle communément du destin, c'est-à-dire du fait que l'homme soit soumis à
une volonté supérieure qui fixerait à jamais tous les événements de son
existence. Par ailleurs ceci présuppose justement l'existence de cette volonté
supérieure, autrement dit d'une providence. Donc il s'agirait de Dieu qui
guiderait l'homme dans l'existence en fonction de la fin qu'il lui aurait
assigné. Cette thèse fataliste affirme donc l'impossibilité totale de l'homme à
prendre en main sa propre existence. En effet, par exemple dans le mythe
d'Œdipe, ce dernier tente tant bien que mal d'aller à l'encontre de son destin,
or celui-ci le rattrapera. En d'autres termes, l'homme peut modifier les
causes, les effets resteront identiques, or si l'on voulait justifier
rationnellement l'existence du destin, il faudrait y appliquer un rapport de
causalité. Par là-même le destin ne répond pas au principe du déterminisme qui
pourtant introduit une relation nécessaire.
Par ailleurs, sans parler de réel déterminisme, la psychanalyse nous montre
tout de même une détermination venue de l'enfance. En effet, selon Freud il
existe un inconscient constitué de pulsion, de désir refoulé. De sorte que le
ça ayant subit le refoulement du sur-moi, l'homme a enfoui tous ses désirs dans
son inconscient. Or ces pulsions infantiles joueraient un rôle décisif dans la
constitution de la personnalité psychique et affective de chacun, et donc dans
le comportement de l'individu. Dons contrairement au destin, la psychanalyse
mets une part de devenir de l'homme entre ses mains, même si cela reste inconscient.
D'autre part la sociologie nous propose une détermination de la société sur le
devenir humain. En effet Durkheim ayant décidé de " considérer les faits
sociaux comme des choses " il renvoie l'avenir de l'homme, ou plutôt celui
de la société en générale dans un pur déterminisme. C'est ainsi qu'il étudiera
les facteurs du suicide ou encore les pratiques religieuses. Rangeant ainsi les
faits humains dans un principe de cause à effet, il permet alors une certaine
prévisibilité du comportement humain face à certains déterminants.
Donc la psychanalyse ou la sociologie, en renvoyant les faits humains dans un
principe de causalité nous permettent donc une certaine prévisibilité face à
l'avenir. Ces affirmations supposent donc que l'avenir ne serait pas issu de
notre volonté propre, ni même de nos espoirs. Autrement dit l'homme subirait
son avenir, celui-ci ne serait que contraintes, il résulterait de faits
extérieurs ou inconscients répondant à des déterminations nécessaires.
Cependant, l'homme étant singulier et contingent dans son essence-même, comment
peut-il répondre à des lois visant l'universel et le nécessaire ? De sorte
qu'il est possible d'étudier le comportement d'un groupe d'humains pour en
déduire des conséquences, mais celles-ci appliquées à chaque homme, relèvent de
la contingence et non de la nécessité. Est-ce à dire pour autant que l'homme,
par lui-même peut prévoir ou anticiper son propre avenir?




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cool la conclusion
rosine le 19/12/2010 à 23:18 - 237
cool la conclusion
rosine le 19/12/2010 à 23:18 - 237
cette fiche est interessante dans la mesure ou elle traite des 2 notions et de plus elle montre bien le lien entre celles ci
erding le 16/06/2010 à 12:10 - 74250
Permettez moi d'émettre une petite objection , vous répétez ici plusieurs fois la notion d'obligation , " L'homme est obligé d'inventer et de fabriquer des objets parce que " , or il me semble que l'obligation suppose la liberté . Vous soulignez pourtant la nécessité du travail comme condition de la survie de l'homme . L'homme n'est alors pas libre devant le travail , il n'en va pas de sa volonté , ne faudrait-il pas dire " contraint " , si le travail est une fatalité comme vous le dite , l'homme , face à cette nécessité , n'est-il pas " contraint " , dans le sens d'une pression , d'une violence qui s'exerce sur lui et qui le place devant le travail comme condition de sa survie ?
Pauladeb le 16/06/2010 à 09:13 - 72000
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