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Le Sujet

Partie 2

Comme le souligne Kant dans Critique de la raison pure, je ne peux avoir « aucune connaissance de moi tel que je suis, mais je me connais seulement tel que je m'apparais à moi-même ».

Spinoza, Éthique et Lettre à Schuller, la conscience que nous prenons de nous même n'est pas tant le fondement de tout savoir ou la première vérité que nous pourrions découvrir. Au contraire la conscience de soi est l'origine de toutes nos illusions. Seule la connaissance des causes véritables qui déterminent notre action nous permettrait de comprendre la façon dont nous agissons, de tirer au clair les déterminations qui nous font être ce que nous sommes.

La conscience de soi apparaît ici comme le premier obstacle à une connaissance de nous-même et de notre position dans le monde qui, seule, nous permettrait de conquérir notre liberté. Par conséquent il semble que la connaissance de soi engage une identité qui déborde la simple conscience que nous prenons de nous-même.

Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, la conscience est la forme la plus accidentelle de notre identité. Opposition entre le pensée consciente comme expression de notre identité à la vérité du corps celui-ci étant bien plus déterminant dans la façon dont notre identité s'affirme que notre conscience.

Ainsi la conscience de soi n'est peut être qu'un épiphénomène (phénomène de surface), en ce sens, loin de déterminer notre identité elle est peut être déterminée par des conditions d'existence dont elle n'est que la conséquence.

Marx réduit ainsi cette conscience à une forme idéologique, l'idéologie n'étant que le prolongement sous forme spirituelle d'un jeu de force, d'un conflit matériel dont elle croit être l'auteur. « ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence, c'est au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience ». (avant propos à la critique de l'économie politique).

Freud, hypothèse de l'inconscient, mon identité loin d'être transparente, serait tout au contraire une énigme, dont l'interprétation consciente ne peut venir à bout. L'inconscient est le fond constitutif de notre identité qui échappe à la conscience de soi et dont nous prenons conscience de façon symptomatique, quand nous faisons en nous-même l'expérience du non-sens, de l'absurde, quand le moi fait en lui même l'expérience de l'étrangeté, d'une non-coïncidence. Il y aurait ainsi des raisons aux conduites les plus déraisonnables en apparence et un sens derrière les discours qui paraissent les plus insensés. L'inconscient est ainsi le résultat d'un conflit dont notre identité même est l'expression: conflit entre des forces qui cherchent à se satisfaire et la personnalité globale qui s'y refuse. Les idées indésirables sont alors refoulées, et afin qu'elles ne reviennent plus à la conscience, des résistances s'opposent à leur survenue. La névrose apparaît ainsi comme un processus de réminiscence, le signe que mon identité prend forme sur une autre scène que celle de la conscience. Freud appelle le surmoi la censure primitive inconsciente formée par l'intériorisation, dans la petite enfance, des interdictions morales, familiales et sociales? Le ça est, à l'opposé, la dynamique aveugle des pulsions vitales, notamment sexuelles, et des désirs refoulés, qui tendent à se satisfaire en forçant ou en trompant le surmoi.

La conscience ne serait que la forme la plus superficielle de notre identité.

Montaigne, Essais, il n'y a pas un moi un et unique et toujours identique à lui-même mais un mouvement perpétuel et contradictoire. La connaissance de soi fait l'épreuve de l'objet le plus héraclitéen qui soit. Ainsi qui se cherche ne peut jamais assurer sa prise sur une vérité achevée. Se chercher c'est se perdre c'est accepter de se perdre, faire l'épreuve d'une étrangeté à soi-même.

Arthur Rimbaud, Lettre à Georges Izambard, « Je est un autre » .

L'expérience poétique découvre que le Moi est sans titre de propriété, que nous ne possédons pas notre identité comme un objet à manipuler ou à connaître.

Auteur : Oppaz
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cool la conclusion

rosine le 19/12/2010 à 23:18 - 237

cool la conclusion

rosine le 19/12/2010 à 23:18 - 237

cette fiche est interessante dans la mesure ou elle traite des 2 notions et de plus elle montre bien le lien entre celles ci

erding le 16/06/2010 à 12:10 - 74250

Permettez moi d'émettre une petite objection , vous répétez ici plusieurs fois la notion d'obligation , " L'homme est obligé d'inventer et de fabriquer des objets parce que " , or il me semble que l'obligation suppose la liberté . Vous soulignez pourtant la nécessité du travail comme condition de la survie de l'homme . L'homme n'est alors pas libre devant le travail , il n'en va pas de sa volonté , ne faudrait-il pas dire " contraint " , si le travail est une fatalité comme vous le dite , l'homme , face à cette nécessité , n'est-il pas " contraint " , dans le sens d'une pression , d'une violence qui s'exerce sur lui et qui le place devant le travail comme condition de sa survie ?

Pauladeb le 16/06/2010 à 09:13 - 72000

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