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Faut-il philosopher pour bien vivre ?

Comment bien philosopher pour bien vivre ?

Les dangers de la philosophie prennent tous, nous l'avons vu, leur source dans l'illusion philosophique que la raison serait capable de produire par elle-même, une vérité absolue et définitive sur le sens de l'existence humaine ; des deux dangers que sont le dogmatisme et le scepticisme, le second n'est que l'envers du premier: c'est parce qu'on cherche une vérité absolue, unique et universelle impossible que l'on renonce ensuite à la prétention à juger de la valeur toujours relative des idées, donc à philosopher. Or penser par soi-même exige de philosopher, car cela implique que nous connaissions les fondements de notre pensée et que nous les soumettions à un examen critique pour les faire nôtres, ce qui est proprement philosopher.

Il convient alors de considérer que la réflexion philosophique ne peut que proposer des conceptions relativement rationnelles, plus ou moins exclusives, de la vie intellectuelle et pratique dont la valeur tient à leur cohérence interne et à leur robustesse expérimentale quant à la question du bien-vivre avec soi et les autres et entre lesquelles il revient à chacun de faire des choix et de les transformer pour construire sa pensée sa vie ainsi que l'idée qu'il se fait de lui-même ( penser par soi-même => conscience positive de soi). Aucun présupposé métaphysique n'est démontrable, et dans la mesure où l'on ne croit pas pouvoir s'en passer, il ne faut les considérer que comme des hypothèses régulatrices permettant de générer des axiomatiques de la subjectivité humaine ; des modèles rationalisés et discutables de vie. A quelles conditions cela est-il possible ?

Elles découlent de nos analyses précédentes. L'illusion de la vérité absolue procède elle-même de la tentation de résoudre en les supprimant les contradictions de l'existence humaine ; or les différentes propositions métaphysiques ne font dans leurs oppositions et leur prétention à l'exclusivité que révéler ces mêmes contradictions en les aggravant ; La métaphysique, prise au sérieux, transforme, en effet, toute contrariété en contradiction logique (morale/bonheur, vérité/fausseté, universel/particulier, raison/désir, théorie/pratique etc..) et cherche, en conséquence, pour la supprimer, à supprimer un des deux membres au profit exclusif de l'autre ; elle refuse de penser les conditions de complémentarité des opposés et par conséquent celles de la gestion positive de leur tension ; il conviendrait à notre sens de faire des thèses philosophiques des instruments opératoires d'exploration des expériences de vie pour expliciter rigoureusement ces contradictions et de soumettre leur visée à l'épreuve de leur fécondité dans les domaines de la connaissance rationnelle et expérimentale et, dans le domaine de l'ethique, à celle de l'expérience du bonheur et de la souffrance tant sur le plan politique que personnel, sachant que la vie est conflit et que la seule forme de sagesse ici-bas est de la mieux penser dans sa complexité pour que chacun devienne plus créateur, plus amoureux de soi-même et des autres, plus efficace dans son projet autonome de vie. Nous proposons ici une pratique de la libre pensée philosophique non tragique, souple et ludique contre toute pratique rigoriste, dénonciatrice, prophétique ou messianique. Une pratique pour nous apprendre à danser la vie dans notre tête et notre corps et non pas pour nous mettre au pas ou dans les cases immobiles de la vérité-illusion de la métaphysique.

Auteur : Gigii
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cette fiche est interessante dans la mesure ou elle traite des 2 notions et de plus elle montre bien le lien entre celles ci

erding le 16/06/2010 à 12:10 - 74250

Permettez moi d'émettre une petite objection , vous répétez ici plusieurs fois la notion d'obligation , " L'homme est obligé d'inventer et de fabriquer des objets parce que " , or il me semble que l'obligation suppose la liberté . Vous soulignez pourtant la nécessité du travail comme condition de la survie de l'homme . L'homme n'est alors pas libre devant le travail , il n'en va pas de sa volonté , ne faudrait-il pas dire " contraint " , si le travail est une fatalité comme vous le dite , l'homme , face à cette nécessité , n'est-il pas " contraint " , dans le sens d'une pression , d'une violence qui s'exerce sur lui et qui le place devant le travail comme condition de sa survie ?

Pauladeb le 16/06/2010 à 09:13 - 72000

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